Association Française pour la Prévention des Catastrophes Naturelles

Build Back Better : le post-événement

Build Back Better et reconstruction post-événement

La reconstruction post-événement correspond aux travaux à réaliser pour rétablir les infrastructures et les bâtiments qui ont pu été endommagés ou détruits par la catastrophe. Le plus souvent, des infrastructures provisoires ont été installées (par exemple des ponts de secours ou des réseaux transitoires) ; leur durée de vie est limitée dans le temps.

Le plus gros risque après catastrophe est celui du non relèvement. Haïti est ainsi l’exemple d’un échec des programmes de reconstruction (Jean-Marc Biquet, 2013).

Un cas très étudié de reconstruction après catastrophe est celui de la Nouvelle-Orléans, dévastée par l’ouragan Katrina en 2005. De nombreux travaux mettent l’accent sur les difficultés rencontrées par les populations les plus pauvres. Jeffry M. Diefendorf établit une analyse comparative entre la reconstructions de la Nouvelle-Orléans et les reconstructions des villes européennes après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale (Diefendorf, 2013-2009).

En France, si de nombreuses reconstructions post-événements ont été réussies, peu de capitalisations ont été faites des apprentissages obtenus. Les audits de l’administration portent le plus souvent sur la survenue de l’événement lui-même et sur ses conséquences. En l’absence de documentation suffisante, les réflexions méthodologiques sont peu nombreuses.

Si la gestion de la crise est très planifiée, avec une répartition des rôles parfaitement définie entre les différents acteurs en présence, la reconstruction ne bénéficie pas du même cadre normatif. Les acteurs s’organisent de façon spécifique à chaque situation à traiter (Crozier et al, 2016).

En l’absence de cadre de référence pour la reconstruction après catastrophe, la prise en compte d’un principe « BBB » n’est pas acquise. De fait, la phase de reconstruction est marquée par un objectif prioritaire de retour le plus rapide possible au fonctionnement normal du territoire. L’objectif de mieux construire après catastrophe (BBB) vient contrarier d’une certaine façon cet objectif (Crozier et al, 2016).

Des travaux de recherche-développement ont été effectués ces dernières années pour mieux appréhender la phase de reconstruction et pour envisager la façon d’y inscrire à terme un principe de BBB : projets du Cerema RAITAP (2015-2017) et RELEV (ANR, 2017-2019).

L’ouragan IRMA qui a dévasté en septembre 2017 les îles françaises de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy a fourni des opportunités d’analyse des processus post-catastrophe et de reconstruction.

 

Références :

Jean-Marc Biquet, “Haïti : entre urgence et reconstruction”, International Development Policy | Revue internationale de politique de développement [en ligne], 4.3 | 2013, mis en ligne le 30 January 2014, consulté le 11 mai 2021, URL: http://journals.openedition.org/poldev/1602 ; DOI: https://doi.org/10.4000/poldev.1602

Jeffry M. Diefendorf, « Reconstruire après une catastrophe : la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina et les villes européennes après les bombardements », Histoire, économie & société, 2013/1 (32e année), pages 95 à 120

Denis Crozier, Gwenaël Jouannic, Chloé Tran Duc Minh, Zéhir Kolli, Eric Matagne et Sandrine Arbizzi, « Reconstruire un territoire moins vulnérable après une inondation », Espace populations sociétés [En ligne], 2016/3, mis en ligne le 31 janvier 2017, consulté le 11 mai 2021, URL : http://journals.openedition.org/eps/7033 ; DOI : https://doi.org/10.4000/eps.7033